Retour sur le parcours de cancérologie

Dépistage

Conformément à l’article 3 du décret du 23 mars 2020, les 3 programmes nationaux de dépistage organisés (cancer du sein, cancer colorectal et cancer du col de l’utérus), ont été temporairement suspendus. Seuls les nouveaux dépistages n’ont pu être réalisés.

Les analyses des examens des personnes ayant réalisé un dépistage avant le confinement se sont poursuivies, et le suivi des patients dont les résultats ont mis en évidence une anomalie a été poursuivi.

L’activité a progressivement repris début mai, la cible étant d’atteindre les objectifs fixés à l’année et rattraper le retard lié à l’interruption.

Réunions de Concertation Pluridisciplinaires

Les établissements se sont organisés pour maintenir les réunions de concertation pluridisciplinaires soit en maintenant des réunions en présentiel quand ils le pouvaient, soit un mettant en place des réunions RCP dématérialisées.

Une diminution des réunions RCP a été observée ainsi que le nombre de dossiers discutés sur cette même période

Nous remarquons après le confinement, une augmentation des dossiers discutés ; les équipes semblent rattraper le retard accumulé.

Dispositif d’annonce et Soins oncologiques de support

Le dispositif d’annonce (DA) et l’accès aux soins oncologiques de support (SOS) ont été fortement impactés.

Le DA a souvent été mis en retrait, en raison du redéploiement du personnel paramédical sur les soins techniques, mais les consultations médicales d’annonce ont dans la plupart des cas été maintenues en présentiel. Cette restriction a parfois complexifié la compréhension du protocole thérapeutique.

Concernant l’accès aux soins oncologiques de support, les établissements se sont adaptés comme ils pouvaient.

Mise en place et poursuite des traitements

Concernant les traitements anticancéreux, il n’y a pas eu de tension de stocks. La dotation en médicaments critiques (sédatifs et curares) pour la chirurgie urgente, oncologique et les soins palliatifs a été maintenue.
Les chirurgies urgentes ont été maintenues, et lorsque c’était possible des alternatives à la chirurgie ont été proposées en RCP.

Les traitements par chimiothérapie ont pu être parfois décalés et, au cas par cas, remplacer par des traitements oraux.

L’accès à l’imagerie a toutefois été difficile, les cabinets d’imagerie étant fortement mobilisés pour les radios du thorax dans le cadre de l’épidémie.

Evacuation sanitaire

Suite à la fermeture des frontières impactant le nombre de vol à destination de la Métropole, des perturbations ont été observées lors des évacuations sanitaires.

Coordination ville/hôpital

La coordination du parcours entre l’hôpital et la ville a souvent souffert de difficultés d’accès aux médecins traitants et à certains praticiens hospitaliers, de ruptures de communication entre les acteurs.

En revanche, le contexte a permis l’émergence de coopérations territoriales entre les acteurs dictées par les besoins du terrain.

Les professionnels de santé ont pu également assurer la coordination de la prise en charge des patients avec l’appui de réseaux présents sur les territoires (appel des secrétaires et IDE avec les officines de ville, les patients, les professionnels libéraux).

En ces temps difficiles, Il ressort de cette analyse et des échanges, une forte mobilisation et l’entraide dont on fait preuve l’ensemble des professionnels pour faire face à cette situation.